Ainsi, celui qui établit une distinction arbitraire entre certains attributs et d’autres se voit opposer, à propos de ce qu’il nie, le même raisonnement qu’il emploie lui-même contre son contradicteur au sujet de ce qu’il admet. Lorsque le Muʿtazilite affirme : « Il ne possède ni volonté ni parole inhérente à Son essence, car ces attributs ne sauraient exister que chez les créatures », on lui démontre que ces attributs conviennent aussi à l’Être éternel, sans aucune ressemblance avec ceux des êtres contingents. C’est de la même manière que les tenants de l’affirmation répliquent, pour l’ensemble des attributs – amour, agrément et autres – à celui qui les conteste.
[Argument rationnel établissant ces attributs]
S’il objecte : « J’ai établi ces attributs par la raison ; en effet, l’acte contingent prouve la puissance, la spécification prouve la volonté, et la perfection de l’ordonnancement prouve la science. Or ces attributs impliquent la vie, et l’être vivant ne peut être dépourvu d’audition, de vision et de parole, ou de leur contraire »,
[Réponse]
Tous les partisans de l’affirmation lui rétorquent : tu as devant toi deux réponses.
La première consiste à dire : l’absence d’une preuve déterminée n’implique pas l’inexistence de la réalité déterminée ; admettons donc que la voie rationnelle que tu as empruntée ne permette pas d’établir