par l’impatience, la panique et le sentiment d’impuissance. Ceux-là peuvent connaître un certain état spirituel et disposer d’une force intérieure, mais il ne leur restera réellement que ce qui, dans leur conduite, était conforme à l’Ordre divin et fidèle à la sunna.
La pire des catégories est celle qui ne L’adore pas et ne sollicite pas Son secours : elle ne reconnaît ni que sa science est vouée à Allah, ni qu’elle provient d’Allah.
Ainsi, les Muʿtazilites et leurs semblables parmi les Qadarites – ceux qui nient le décret divin – sont, pour l’importance qu’ils accordent aux prescriptions et aux interdictions, aux promesses et aux menaces, préférables à ces Jabrites-Qadarites qui se détournent de la Loi et des injonctions comme des prohibitions. Quant aux soufis, en matière de foi au décret et de contemplation de l’unicité de la seigneurie, ils valent mieux que les Muʿtazilites ; cependant, nombre d’entre eux nourrissent une part d’innovation tout en négligeant certaines prescriptions, interdictions, promesses et menaces, au point de faire de la seule contemplation de l’unicité de la seigneurie et de l’anéantissement mystique dans celle-ci la finalité ultime. Ils en viennent alors, eux aussi, à se couper de la communauté des musulmans et de leur sunna ; de ce point de vue, ils deviennent des « isolés » (muʿtazila), et l’innovation où ils sont tombés peut s’avérer plus néfaste encore que celle des premiers Muʿtazilites. Les deux courants sont d’ailleurs nés à Bassora.