que d’une pure coïncidence verbale lorsque ces deux noms sont employés sans attribution particulière. Pris à ce niveau d’abstraction, le terme n’a d’ailleurs aucun référent concret dans la réalité extérieure ; l’intellect n’en conçoit qu’une idée commune partagée par les deux désignés. Dès qu’intervient l’attribution, ce sens générique se trouve restreint par ce qui distingue le Créateur de la créature et la créature du Créateur.
Il en va ainsi de tous les noms et attributs d’Allah : on y saisit, d’une part, la signification que leur confère la convention linguistique, et, d’autre part, la signification que leur confère l’attribution exclusive qui interdit à la créature de participer en quoi que ce soit aux prérogatives du Créateur ﷾.
Ainsi, Allah s’est nommé Lui-même le Savant et l’Indulgent. Il a toutefois qualifié l’un de Ses serviteurs de « savant » en disant : « Ils lui annoncèrent la bonne nouvelle d’un garçon doué de science » (Coran 15, 53) — il s’agit d’Isaac ; et un autre de « indulgent » en disant : « Nous lui fîmes l’annonce d’un garçon plein de mansuétude » (Coran 37, 101) — il s’agit d’Ismaël. Or le Savant n’est pas semblable au savant, pas plus que l’Indulgent n’est semblable à l’indulgent.
De même, Il s’est nommé Celui qui entend tout et voit tout, lorsqu’Il dit : « Allah vous ordonne de restituer les dépôts à leurs ayants droit ; et lorsque vous jugez entre les gens, de juger avec équité. Quelle excellente exhortation Il vous adresse ! Allah entend tout et voit tout » (Coran 4, 58). Et Il a qualifié certaines de Ses créatures d’« audientes » et de « clairvoyantes » en disant : « Nous avons certes créé l’être humain à partir d’une… »