ou entre ce qui lui nuit par la chaleur ou par le froid, et ce qui n’a pas cet effet. Cette capacité à distinguer ce qui lui profite de ce qui lui porte préjudice constitue, en vérité, la réalité juridique et religieuse.
Quiconque s’imagine que l’être humain puisse atteindre un stade où ces deux aspects lui deviennent à jamais équivalents profère une pure affabulation et contredit l’évidence sensible. Il est certes possible que, par moments, un état – comme l’ivresse, l’évanouissement ou autre – l’empêche de percevoir certaines choses ; mais qu’il perde toute sensation alors qu’il est encore vivant, cela est impossible. Même le dormeur n’est pas dénué de toute perception : il voit en rêve tantôt ce qui le réjouit, tantôt ce qui l’attriste. Les états décrits par des termes tels qu’istilâm (ravissement), fanâ’ (anéantissement), sukr (ivresse) et autres n’impliquent en réalité qu’une absence