les vertueux et les pervers, les gens du Paradis et ceux de l’Enfer, la miséricorde et le châtiment ; aussi ne L’ont-ils pas tenu pour digne de louange, ni pour la justice qu’Il accomplit ni pour l’injustice qu’Il écarte, pas plus que pour la bienfaisance et les grâces qu’Il prodigue ou pour le châtiment et la vengeance qu’Il suspend.
Quant aux autres, ils L’ont exalté en s’appuyant sur la laideur « rationnelle » qu’ils avaient postulée — laquelle n’a aucune réalité —, L’ont mis sur le même plan que Ses créatures quant à ce qui est beau ou laid, et L’ont assimilé à Ses serviteurs dans ce qui fait l’objet d’ordres et d’interdictions.
[La divergence de celui qui se contente du décret et se détourne de la Loi révélée]
[Leur opposition à l’évidence du ressenti et du goût]
Ainsi, quiconque ne regarde que le décret divin, magnifie l’anéantissement dans l’unicité seigneuriale et s’arrête à la simple réalité cosmique ne distingue plus entre la science et l’ignorance, la véracité et le mensonge, la piété et la débauche, la justice et l’injustice, l’obéissance et la désobéissance, la guidée et l’égarement, la droiture et l’errance, les alliés de Dieu et Ses ennemis, les gens du Paradis et ceux de l’Enfer.
Or ces hommes, tout en contrevenant de façon manifeste aux Livres de Dieu, à Sa religion et à Ses prescriptions, se heurtent également à l’évidence sensible et au goût, ainsi qu’à la nécessité rationnelle et à l’analogie ; car l’un d’eux, inévitablement, trouve du plaisir dans certaines choses et souffre d’autres, distinguant ainsi entre ce qui se mange ou se boit et ce qui ne se mange ni ne se boit, ou entre ce qui lui nuit par la chaleur