Sur la beauté et la laideur des actes, et ce qu’il est possible d’en connaître par la raison
Dans cet ordre d’idées, les savants se sont demandé si l’on peut saisir, à la seule lumière de l’intellect, le caractère bon ou blâmable des actes, ou bien si ceux-ci ne possèdent pas de qualité morale accessible à la raison. La question a été longuement traitée ailleurs, et nous y avons exposé la source de la confusion : tous s’accordent à reconnaître que l’esprit discerne si un acte convient à celui qui l’accomplit ou, au contraire, lui répugne ; autrement dit, s’il engendre ce qu’il aime et dont il jouit, ou ce qu’il déteste et qui le fait souffrir.
Cette part de connaissance relève tantôt de la raison seule, tantôt de la Loi révélée, ou parfois des deux à la fois. Cependant, en appréhender les détails et connaître la finalité ultime – à savoir le bonheur ou le malheur dans la demeure dernière – n’est possible que par la Révélation. Tout ce que les messagers ont rapporté au sujet des réalités du Jour dernier et tout ce qu’ils ont prescrit dans les minuties de la loi échappent à la seule raison humaine, pas plus que ce qu’ils ont transmis concernant les Noms et les Attributs d’Allah n’est connu