Ainsi, ces soufis qui prétendent contempler la réalité cosmique tout en se détournant des prescriptions et des interdictions sont plus pernicieux que les qadarites muʿtazilites et leurs semblables : ceux-là sont comparés aux mazdéens, tandis que ceux-ci sont comparés aux polythéistes qui ont dit : « Si Allah avait voulu, nous ne Lui aurions rien associé, nos pères non plus, et nous n’aurions rien déclaré illicite ». Or les polythéistes sont pires que les mazdéens.
[Le fondement de l’islam : les deux attestations]
Voilà donc un principe d’une importance capitale que tout musulman doit connaître, car il constitue le fondement même de l’islam qui distingue les croyants des mécréants : la foi en l’unicité et en la mission prophétique, c’est-à-dire l’attestation qu’il n’est de dieu digne d’adoration qu’Allah et que Muḥammad est le Messager d’Allah.
Nombreux sont pourtant ceux qui, tout en s’imaginant au faîte de la réalisation spirituelle, de l’unicité, du savoir et de la connaissance, portent atteinte à la réalité de ces deux fondements, ou de l’un d’eux.
Ainsi, le simple fait de reconnaître qu’Allah est le Seigneur, le Souverain et le Créateur de toute chose ne sauvera pas l’homme du châtiment divin si cela n’est pas accompagné de la reconnaissance qu’il n’est de dieu digne d’adoration qu’Allah — nul autre que Lui ne mérite le culte — et que Muḥammad est le Messager d’Allah ; il faut donc le tenir pour véridique dans ce qu’il