En effet, ils réduisent la foi à la seule profession de la langue, même si le cœur ne l’atteste pas ; de la sorte, l’hypocrite est, pour eux, considéré comme croyant, tout en demeurant éternellement en Enfer ; ils se sont ainsi opposés à la communauté sur le nom, non sur le jugement. S’agissant des attributs divins, du décret (qadar), de la promesse et de la menace, leur position reste plus proche de la Sunna que celle de la plupart des écoles spéculatives dont les propos s’en écartent.
Quant aux Muʿtazilites, ils nient les attributs et se rapprochent de la doctrine de Jahm ; toutefois, ils rejettent le décret divin : bien qu’ils exaltent l’injonction et l’interdiction, la promesse et la menace — allant même jusqu’à l’excès — ils démentent le destin, si bien que, sous cet angle, ils tombent dans une forme d’association.
Reconnaître l’ordre et l’interdiction, la promesse et la menace tout en niant le destin est préférable au fait d’admettre le destin tout en rejetant l’ordre, l’interdiction, la promesse et la menace. C’est pourquoi, à l’époque des Compagnons et de leurs Successeurs, on ne trouvait personne pour nier l’ordre, l’interdiction, la promesse et la menace ; en revanche, il était apparu parmi eux des Qadariyya, tout comme avaient émergé les Khâridjites.