tandis qu’ils demeuraient polythéistes, comme on l’a expliqué plus haut. Au contraire, la véritable divinité est Celle qui mérite d’être adorée ; le terme ilāh signifie « objet d’adoration », et non « Créateur ». Le tawḥîd (l’unicité) consiste donc à n’adorer qu’Allah, sans aucun associé, tandis que le shirk (le polythéisme) revient à placer auprès d’Allah une autre divinité.
[Le tawḥîd chez les soufis]
Puisqu’il apparaît clairement que le point culminant de la démonstration de ces théologiens, partisans de l’affirmation du décret divin et se réclamant de la sunna, se limite au tawḥîd de la rubûbiyya (l’unicité de la seigneurie) – à savoir le fait qu’Allah est le Seigneur de toute chose –, réalité que les polythéistes reconnaissaient déjà tout en restant polythéistes ; il en va de même pour certains groupes de soufis, qui se réclament de la connaissance, de la réalisation spirituelle et de l’unicité : le sommet de leur tawḥîd se réduit à la contemplation de cette