Il est donc établi qu’il n’existe, dans l’univers, personne qui conteste la base même de ce polythéisme. Tout au plus peut-on dire que certains ont attribué la création de quelques êtres à autre qu’Allah — tels les Qadariyya (partisans du libre arbitre) et d’autres — ; ceux-ci reconnaissent néanmoins qu’Allah est le Créateur des serviteurs et de leur capacité, même s’ils soutiennent être les créateurs de leurs propres actes.
Il en va de même pour les philosophes, les naturalistes (ṭabʿ) et les astrologues : tout en admettant l’Artisan, ils attribuent à certaines créatures le pouvoir de produire divers effets, mais les considèrent toujours comme fabriquées et créées, sans leur reconnaître d’indépendance vis-à-vis du Créateur ni de participation avec Lui dans l’acte créateur.
Quant à celui qui nie l’existence même de l’Artisan, c’est un négateur, qui abolit toute référence au Créateur — ainsi l’a fait Pharaon. Notre propos porte ici sur les polythéistes qui reconnaissent pourtant Son existence.
Ainsi, le tawḥîd (l’unicité) qu’ils énoncent n’est nullement contesté par ces polythéistes ; ils l’admettent tout en demeurant polythéistes, comme l’attestent le Coran et la sunna.