Et s’il s’agit là d’une possibilité relevant de l’ordre habituel des choses, celle-ci est déjà connue par transmission sûre et notoire (tawâtur) ; du reste, vous l’admettez vous-mêmes en de nombreux passages.
Par ailleurs, si les corps inanimés peuvent être qualifiés de vivants et dotés des attributs qui accompagnent la vie, il en ressort que tous les êtres existants peuvent recevoir ces mêmes attributs ; à plus forte raison le Créateur.
Si, en revanche, vous entendez par « possible » la simple possibilité logique — c’est-à-dire l’absence de preuve d’impossibilité —, cet état de fait vaut également pour Dieu, car nul ne peut démontrer qu’Il est privé de l’ouïe, de la vue ou de la parole.
Sixième argument : supposons qu’il faille établir une possibilité effective. On reconnaît alors la possibilité d’un attribut pour un être de trois manières : lorsque l’attribut est déjà présent en lui, lorsqu’il existe chez un de ses semblables, ou lorsqu’il est présent chez un être qui y a encore plus droit que lui.
Or la vie, la science, la puissance, l’ouïe, la vue et la parole existent bel et bien chez les créatures et leur sont possibles ; il va donc de soi que ces attributs sont encore plus possibles, et même plus dignes, pour le Créateur — exalté soit-Il —, puisqu’ils constituent des perfections et qu’Il est apte à se parer d’attributs. Si ces perfections sont possibles pour Lui, ne pas les Lui reconnaître reviendrait à Lui attribuer leurs contraires.
Septième argument : le simple fait de nier ces attributs impliquerait pour Son essence une déficience, qu’on l’appelle cécité, surdité et mutisme ou qu’on ne l’appelle pas ; cette vérité est d’évidence intuitive. En effet, si l’on conçoit deux êtres, dont l’un entend, voit et parle,