S’il est objecté : « On n’a qualifié ce bien-fonds de mawāt (terre morte) qu’en considération de sa capacité à recevoir la vie, c’est-à-dire à être revivifié »,
nous répondrons : cette remarque même prouve que la vie est plus englobante que la seule vie animale et que l’inanimé peut, lui aussi, être déclaré vivant dès lors qu’il se prête à la culture ou à la construction.
Le khars (mutisme) s’oppose ainsi à la parole. Les Arabes disent : « du lait akhras », c’est-à-dire caillé, qui ne fait aucun bruit dans le récipient ; « un nuage kharsā’ », dépourvu de tonnerre et d’éclair ; « un repère akhras », quand la montagne n’en renvoie aucun écho ; et encore : « une phalange kharsā’ ». Abû ʿUbayd explique : c’est la troupe dont l’abondance des cuirasses étouffe tout cliquetis.
Plus forts encore sont ṣamt et sukût (le silence), vocables employés pour quelqu’un qui peut parler mais s’en abstient, alors que khars renvoie à l’incapacité même de parler. Malgré cela, les Arabes disent : « Il n’a ni ṣāmit ni nāṭiq » ; le ṣāmit désigne l’or et l’argent, le nāṭiq les chameaux et les moutons. Le lait caillé est encore appelé ṣāmit, et la ṣamût la cuirasse qui, lorsqu’on la coule, ne produit aucun son.
Ils disent également : « une bête ʿajmā’ » ou « kharsā’ » pour tout être qui, par nature, ne parle pas et ne peut parler ; c’est dans ce sens que le Prophète ﷺ a dit :