— ainsi, lorsque l’on déclare : « Le triangle est soit existant, soit inexistant » — on voudrait ranger cette proposition dans la catégorie « privation/habitus » ; or il n’en est rien, car, dans cette catégorie, le sujet unique est dépourvu des deux opposés à la fois, tandis qu’aucun être contingent n’est jamais privé tout ensemble de l’existence et de la non-existence.
Par ailleurs, dans cette perspective, tous les attributs du Seigneur Lui sont nécessaires. Si donc l’on dit : « Il est soit vivant, soit savant, soit entendant, soit voyant, soit parlant, ou bien Il ne l’est pas », c’est exactement l’équivalent de : « Il est soit existant, soit inexistant ». Il s’agit là d’une opposition entre affirmation et négation ; le second énoncé participe du même type d’opposition, et l’on atteint ainsi l’objectif recherché.
Objection : « Cela ne tient que si l’on sait qu’Il est susceptible de recevoir ces attributs. »
Réponse : cette condition n’est requise que pour un être qui peut tantôt posséder, tantôt perdre l’attribut, comme l’animal. Quant au Seigneur — exalté soit-Il —, dès lors qu’on Lui attribue ces qualités, elles Lui sont nécessaires ; il est en effet impossible, d’un commun accord entre les esprits rationnels, qu’Il soit tour à tour qualifié et non qualifié. Une telle hypothèse impliquerait qu’Il serait parfois vivant puis mort, sourd puis entendant, ce qui L’affligerait de défauts — impossibilité formelle.
Il en va autrement de celui qui nie ces attributs en prétendant que leur négation n’est pas une imperfection, parce qu’il croit qu’Il ne peut de toute façon les recevoir. Celui qui tient ce raisonnement ne saurait toutefois affirmer que, si la réception de ces attributs était possible, leur négation ne constituerait pas un défaut ; l’absurdité d’une telle assertion est patente.