Sa réalité n’a rien de commun avec la réalité d’aucune créature, pas plus que la réalité d’aucun de Ses attributs n’est comparable à celle d’un attribut créé. On sait donc avec certitude qu’Il n’appartient à aucune catégorie d’êtres : ni aux anges, ni aux cieux, ni aux astres, ni à l’air, ni à l’eau, ni à la terre, ni aux hommes, ni à leurs corps, ni à leurs âmes, ni à quoi que ce soit d’autre. Mieux encore, il est établi que Son essence est plus éloignée de toute similitude avec les existants que ne l’est n’importe quelle autre réalité, et que la possibilité d’une ressemblance entre Lui et l’un d’eux est encore plus impensable que la ressemblance possible entre deux créatures.
En effet, si deux réalités étaient identiques, tout ce qui est possible pour l’une le serait pour l’autre, tout ce qui est nécessaire pour l’une le serait pour l’autre, et tout ce qui est impossible pour l’une le serait également pour l’autre. Il en résulterait qu’il serait admissible d’attribuer au Créateur éternel, nécessaire par Lui-même, ce qui revient à la créature contingente : le néant et le besoin ; et qu’on confère à celle-ci ce qui appartient au Premier : la nécessité d’exister et la suffisance absolue. Ainsi, une même chose se trouverait à la fois nécessaire par essence et non nécessaire