Premièrement : attribuer au Très-Haut de telles déficiences et infirmités est, pour la raison comme pour la religion, plus manifestement aberrant que la simple négation du taḥayyuz (la localisation dans l’espace) et du tajsîm (l’attribution d’un corps). En effet, cette dernière question comporte des ambiguïtés, des polémiques et des obscurités qui n’existent pas dans la première. Quiconque prête à Dieu de tels manquements est, de manière évidente et nécessaire selon l’islam, considéré comme mécréant. Or, la preuve n’a pour fonction que de faire connaître ce qu’elle établit et de le clarifier ; il n’est donc pas permis de démontrer ce qui est plus évident au moyen de ce qui l’est moins, pas plus qu’on ne le ferait dans la délimitation juridique des notions.
Deuxièmement : ceux qui L’affublent de ces infirmités peuvent très bien déclarer : « Nous ne disons ni qu’Il est un corps ni qu’Il est situé dans un lieu », exactement comme le font ceux qui affirment les attributs divins tout en récusant le tajsîm. Leur controverse devient alors similaire à celle qui oppose les partisans des attributs de perfection ; de sorte que le discours de celui qui attribue à Dieu des qualités parfaites et celui qui L’afflige de défauts se retrouvent mis sur le même plan. Les négateurs des attributs n’auront plus qu’une seule et même voie pour réfuter les deux partis, ce qui constitue une extrême corruption.
Troisièmement : par cette même méthode, ces gens rejettent également les attributs de perfection, alors que le fait que Dieu soit qualifié de tels attributs est nécessaire, attesté aussi bien par la raison que par la Révélation. Cela même prouve donc la fausseté de leur démarche.