Nous avons en outre montré que l’inexistant est, lui aussi, une « chose » dans l’ordre de la connaissance et de l’intellect, non dans la réalité extérieure ; il n’y a donc aucune différence entre l’établissement (thubût) et l’existence (wujûd). Il subsiste toutefois une distinction entre l’existence conceptuelle et l’existence concrète : ce qui se trouve dans la science n’est pas l’être réel, mais la connaissance qui dépend du savant et subsiste en lui.
Il en va de même des états par lesquels les êtres existants se ressemblent ou se distinguent : ils possèdent une existence dans les esprits, tandis que, dans la réalité objective, il n’y a que les entités elles-mêmes et leurs attributs déterminés ; c’est par ces attributs qu’elles se rapprochent ou se différencient.
Ces formules condensées n’ont d’autre but que d’attirer l’attention sur quelques énoncés généraux et inclusifs : quiconque les saisit mesurera l’étendue de leur utilité, verra s’ouvrir devant lui la porte de la guidée et pourra refermer celle de l’égarement. Leur développement et leur commentaire relèvent d’un autre registre, car à chaque situation convient un propos approprié.
Le propos, ici, est de souligner que fonder la négation de ce qui ne sied pas au Seigneur et proclamer Sa transcendance – comme le font nombre d’auteurs – sur de tels raisonnements est une erreur pour qui y réfléchit ; il s’agit là de l’une des méthodes invalides de la négation.