[Objection]
On pourrait objecter : « Lorsqu’une chose ressemble à une autre sous un certain aspect, tout ce qui, par ce même aspect, est possible pour l’une l’est également pour l’autre ; tout ce qui est obligatoire pour l’une l’est pour l’autre ; et tout ce qui est impossible pour l’une l’est pareillement pour l’autre. »
[Réponse à l’objection]
Admettons que cela soit exact. Toutefois, si le dénominateur commun n’implique ni d’attribuer au Seigneur – exalté soit-Il – ce qui Lui est impossible, ni de Lui dénier ce qui Lui revient de droit, il n’y a là rien de répréhensible. Ainsi, lorsque l’on affirme qu’Il est mawjûd (existant), ḥayy (vivant), ʿalîm (omniscient), samîʿ (Entendant) et baṣîr (Voyant), alors même que certaines créatures sont, elles aussi, désignées comme vivantes, savantes, entendantes et voyantes, on pourrait dire : « Il en découle que tout ce qui est possible pour ces créatures, du fait qu’elles sont existantes, vivantes, savantes, entendantes et voyantes, est également possible pour Lui. » Nous répondons : la conséquence tirée de ce simple dénominateur commun n’est nullement impossible pour le Très-Haut, car elle n’implique ni contingence, ni possibilité d’être, ni défaut, ni quoi que ce soit qui contredise les attributs de la seigneurie.
En vérité, ce dénominateur commun se réduit aux notions de al-wujûd (l’existence) ou al-mawjûd (l’existant), de al-ḥayât (la vie) ou al-ḥayy (le Vivant), de al-ʿilm (la science) ou al-ʿalîm (l’Omniscient),