Ainsi, lorsque ces auteurs appliquent aux affirmateurs des attributs les vocables de « tashbîh » (assimilation) et de « tamthîl » (anthropomorphisme), ils le font conformément à leur propre conception, que les autres leur disputent. Ceux-ci rétorquent : « Admettons que, dans l’usage de certains, cette notion soit qualifiée de tashbîh ; or ni la raison ni la Révélation ne l’ont rejetée. Il n’est obligatoire de nier que ce que les preuves scripturaires et rationnelles imposent de nier.
Le Coran, en effet, exclut tout “mathl” (semblable), tout “kufʾ” (pair) et tout “nidd” (rival), etc. Mais, déclarent-ils, dans la langue arabe un attribut n’est ni semblable, ni pair, ni rival de l’être qu’il décrit ; il n’entre donc pas dans la portée de ces textes. Quant à la raison, elle n’a pas réfuté ce que les Muʿtazilites désignent, dans leur terminologie, par tashbîh.
[Parmi leurs autres assimilations figure aussi l’idée que l’affirmation des attributs entraînerait la corporéité et que les corps sont identiques.]
Ils disent encore : « Les attributs ne résident que dans un corps occupant un espace, et les corps sont tous similaires ; si des attributs subsistaient en Dieu, Il serait alors comparable aux autres corps : voilà le tashbîh. »
De même, nombre d’affirmateurs des attributs qui nient pourtant Son élévation au-dessus du Trône, la survenue d’actes volontaires en Lui, et autres questions analogues, tiennent ce raisonnement ; ils admettent que les attributs peuvent subsister dans ce qui n’est pas un corps, mais refusent l’élévation au-dessus de l’univers.