[Réponse des affirmateurs des attributs à cette objection]
Les tenants de l’affirmation des attributs ne les suivent donc pas sur ce terrain ; ils rétorquent que le trait le plus spécifique du Seigneur, au sens propre, est ce qui n’appartient à nul autre : par exemple qu’Il est le Seigneur des mondes, qu’Il sait toute chose, qu’Il est capable de tout, qu’Il est le seul Dieu, et ainsi de suite. Or un attribut, en tant qu’attribut, n’est jamais qualifié par de telles désignations.
Parmi ces théologiens, certains refusent de dire que les attributs sont éternels ; ils affirment plutôt : « Le Seigneur, avec Ses attributs, est éternel. » D’autres déclarent : « Il est éternel et Son attribut est éternel », tout en évitant de dire : « Il y a deux éternels, Lui et Ses attributs. » D’autres encore soutiennent : « Lui et Ses attributs sont éternels », mais ils précisent aussitôt que cela n’implique en rien que l’attribut partage avec Lui l’une quelconque de Ses prérogatives, car l’éternité n’est pas le propre d’une essence nue ; elle appartient à l’essence dotée d’attributs. Or, pour eux, une essence dépourvue d’attributs n’a pas d’existence — à plus forte raison ne saurait-elle revendiquer l’éternité.
Ils ajoutent parfois : « L’Essence est qualifiée d’éternité et les attributs sont qualifiés d’éternité, sans que les attributs soient pour autant une divinité ou un Seigneur ; de même, le Prophète est créé et ses attributs sont créés, et nul n’affirmera que ses attributs sont, eux, prophètes. »