Or, il est notoire qu’affirmer l’anthropomorphisme ainsi défini est une chose qu’aucun esprit raisonnable, conscient de ses propos, ne pourrait soutenir : la raison intuitive sait d’emblée que c’est impossible. Pour autant, nier cette parfaite similitude n’oblige nullement à rejeter toute ressemblance, fût-elle partielle, comme c’est le cas pour les noms et les attributs génériques qui se partagent une même appellation.
Cependant, certains réservent au mot tashbîh (assimilation) un sens particulier ; aussitôt que ce sens est admis, ils taxent celui qui l’admet d’anthropomorphisme, tandis que leur contradicteur répond que ledit sens n’entre pas dans la notion d’assimilation.
[Objection muʿtazilite : affirmer les attributs impliquerait une pluralité d’êtres éternels]
Il arrive aussi que l’on distingue entre tashbîh (assimilation) et tamthîl (comparaison). En effet, les Muʿtazilites et, plus largement, les négateurs des attributs soutiennent que quiconque reconnaît à Allah un attribut éternel est un assimilateur et un comparateur. Ainsi, celui qui affirme qu’Allah possède un savoir éternel ou une puissance éternelle est, à leurs yeux, un anthropomorphiste ; car l’éternité, selon la majorité d’entre eux, est l’attribut le plus spécifique à la divinité. Dès lors, accorder à Allah un attribut éternel reviendrait, affirment-ils, à Lui assigner un égal éternel, d’où l’étiquette de comparateur qu’ils lui apposent.