« …et nul, hormis Allah, n’en connaît l’interprétation. » Ils se servent de ce verset pour abolir toute forme de ta’wîl.
Cela est contradictoire : le verset même atteste qu’il existe un ta’wîl connu d’Allah seul, alors qu’eux le repoussent de façon absolue. Leur méprise vient de ce qu’ils ne distinguent pas entre deux réalités : d’une part le ta’wîl qu’Allah s’est réservé – la réalité ultime que Lui seul connaît ; d’autre part le ta’wîl blâmable et caduc, celui des adeptes de la déformation et de l’innovation. Ces derniers détournent le texte de sa portée authentique sans la moindre preuve et soutiennent que son sens apparent comporte une impossibilité identique à celle qu’ils établissent par la raison ; puis ils le ramènent à des significations comparables à celles qu’ils venaient précisément d’écarter. Ainsi, ce qu’ils nient est de la même nature que ce qu’ils affirment : si ce qu’ils affirment est vrai et possible, ce qu’ils nient l’est tout autant ; et si ce qu’ils nient est faux et impossible, il en va de même de ce qu’ils affirment.
Quant à ceux qui rejettent tout ta’wîl en invoquant la parole d’Allah : « …et nul, hormis Allah, n’en connaît l’interprétation », ils s’imaginent peut-être que le Coran nous adresse des formulations qu’aucun être humain ne peut comprendre, qu’il serait dénué de signification, ou qu’il n’en ressort strictement rien.