C’est pourquoi les grands imams, à commencer par l’imam Ahmad, désapprouvaient avec force les Jahmites et ceux qui leur ressemblent, ces gens qui détournent les paroles de leur sens véritable en appliquant aux passages équivoques du Coran une interprétation qui n’est pas la leur. L’imam Ahmad a d’ailleurs rédigé un ouvrage intitulé : « Réfutation des hérétiques et des Jahmites au sujet des passages équivoques du Coran qu’ils ont mal interprétés ».
S’il les a blâmés, c’est précisément parce qu’ils avaient donné à ces passages une interprétation étrangère à leur véritable portée. Dans ce traité, il recense ce qui leur paraissait obscur — alors que d’autres n’y voyaient aucune ambiguïté — et les critique pour avoir dévoyé le sens des versets. Il ne récuse donc pas le ta’wîl en tant que tel. Comme on l’a rappelé, le terme ta’wîl peut désigner, d’une part, l’exégèse qui met en lumière l’intention d’Allah ; celle-ci est non seulement permise, mais louable. Il peut désigner, d’autre part, la réalité ultime dont Allah s’est réservé la connaissance ; celle-là, nul ne la connaît hormis Lui. Nous avons traité cette question en détail ailleurs.
[Erreur de celui qui rejette tout ta’wîl]
Quiconque ne saisit pas cette distinction finit par tenir des propos confus. Ainsi, un groupe affirme : « Le ta’wîl est nul ; il faut s’en tenir au sens littéral du texte », et ils invoquent la parole divine :