Sens de la « ressemblance »
Quant à la ressemblance (tashâbuh) qui embrasse tout le Coran, elle est l’exact opposé de la divergence qu’Allah lui refuse en ces termes : « S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient maintes contradictions » ; c’est encore la divergence visée dans : « Vous voilà plongés dans des propos contradictoires ; n’en est écarté que celui qui en est détourné. »
Ici, la ressemblance signifie l’homogénéité et l’harmonie du discours, si bien que chaque passage en confirme un autre. Lorsque le Coran ordonne une chose, il ne commande jamais son contraire dans un autre endroit ; il répète plutôt cet ordre, ou en prescrit l’équivalent, ou en impose les corollaires. Et lorsqu’il interdit quelque chose, il ne l’ordonne nulle part ; il le proscrit, ou proscrit ce qui lui ressemble, ou ce qui en découle – sauf s’il y a naskh (abrogation).
De même, lorsqu’il affirme l’existence d’un fait, il ne vient pas en nier ensuite la réalité ; il la confirme, ou en confirme les implications. Et lorsqu’il nie l’existence d’un fait, il ne l’affirme pas ailleurs ; il le nie, ou nie ce qui en est la conséquence. Tout l’inverse d’un discours contradictoire qui se réfuterait lui-même : affirmant une chose ici pour la nier là, prescrivant et proscrivant en même temps, ou distinguant arbitrairement entre deux réalités similaires en louant l’une et blâmant l’autre. Sont donc contradictoires les propos qui s’opposent entre eux, tandis que ceux qui se ressemblent sont ceux qui concordent.
Cette ressemblance porte sur le sens, même si les formulations varient : dès lors que les significations s’accordent et se soutiennent mutuellement,