d’accomplir ce qui est utile et de délaisser ce qui est nuisible. Ainsi dira-t-on : « j’ai ḥakamtu (maîtrisé) l’insensé » ou « aḥkamtuhu » lorsqu’on lui saisit les mains pour le contenir ; de même, « j’ai ḥakamtu la monture » ou « aḥkamtuhā » quand on lui fixe la ḥakama, la lanière du mors qui ceint le menton. D’une manière générale, iḥkām d’une chose signifie la parfaire ; or, parfaire la parole consiste à distinguer le vrai du faux dans ses informations, et la voie droite de l’égarement dans ses injonctions.
Le Coran, dans son ensemble, est muḥkam en ce sens qu’il est parfaitement agencé. Dieu l’a qualifié de ḥakīm – c’est-à-dire « juge » – lorsqu’Il a dit : « Alif, Lām, Rā. Voici les versets du Livre sage. » Il l’a encore présenté comme un arbitre narrateur dans cette parole : « Ce Coran raconte aux fils d’Israël la plupart de ce sur quoi ils divergent. » Il en a fait un muftī – celui qui délivre les avis – en disant : « Dis : “Allah vous rend un avis à leur sujet, ainsi que ce qui vous est récité dans le Livre.” » Autrement dit : ce qui vous est récité vous fournit la fatwā à leur propos. Enfin, Il l’a institué guide et annonciateur, lorsqu’Il dit : « Ce Coran guide vers ce qui est le plus droit et annonce la bonne nouvelle aux croyants qui accomplissent des œuvres vertueuses. »