119 – Certains savants ont pensé que l’essuyage s’effectuait en même temps que le passage sur le front, mais des hadiths authentiques attestent qu’il est permis d’essuyer le turban seul, sans toucher la lisière du front.
120 – D’autres, parmi lesquels l’imâm Aḥmad, ont soutenu que cela ne concerne que les turbans « conformes à la sunna », c’est-à-dire ceux que l’on enroule puis fixe sous le menton ; en effet, tel est l’usage prophétique et il est pénible de les ôter (1).
121 – S’agissant du turban muni d’une extrémité pendante (dhûʾâba) mais non noué sous le menton, les avis divergent (2).
122 – D’autres encore, dont Isḥâq ibn Râhawayh, estiment que la permission s’applique à tout turban, sans distinction.
Il fait partie de la sunna de laisser pendre l’extrémité du turban entre les épaules
123 – Le fait de laisser retomber la dhûʾâba entre les deux épaules est en effet établi par la sunna (3).
(1) Voir : Ibn Taymiyya, Sharh al-ʿUmda, 1/267-272 ; al-Mardâwî, al-Insâf, 1/185-186.
(2) Ibn Qudâma – qu’Allah lui fasse miséricorde – écrit : « Si le turban comporte une dhûʾaba (pendant) sans être muḥannaka (passé sous le menton), deux avis existent : le premier autorise l’essuyage, car ce couvre-chef ne ressemble pas aux turbans des ahl adh-dhimma ; ceux-ci n’ont pas coutume de porter une dhûʾaba. Le second l’interdit, car l’interdiction le concerne de façon générale et il n’est pas pénible de l’ôter. » Al-Mughnî, 1/381.
(3) Point utile : l’éminent Ibn al-Qayyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – rapporte :
« Notre maître Abû al-ʿAbbâs Ibn Taymiyya – qu’Allah sanctifie son âme au Paradis – expliquait de façon remarquable l’origine de la dhûʾaba : le Prophète ne la laissa pendre qu’au matin suivant le songe qu’il fit à Médine, lorsqu’il vit le Seigneur de Majesté – Exalté soit-Il. Celui-ci lui dit : “Ô Muhammad, sur quoi les habitants du Ciel Suprême débattent-ils ?” – “Je ne sais pas”, répondit-il. Alors Il posa Sa main entre mes épaules, si bien que je sus aussitôt tout ce qui est entre le ciel et la terre… (fin du ḥadith). Ce texte se trouve chez at-Tirmidhî ; on interrogea al-Bukhârî à son sujet, et il répondit : “authentique”. Ibn Taymiyya ajoutait : “À partir de ce moment, le Prophète laissa sa dhûʾaba retomber entre ses épaules.” C’est là une information que nient les langues et les cœurs des ignorants, et je ne l’ai vue rapportée par personne d’autre que lui. » Zad al-Maʿâd, 1/136-137.