qu’apporta Moïse ; puis Il dit : « Dis : “Allah” – c’est Allah qui l’a révélé – et laisse donc ces négateurs “se perdre dans leurs futiles divagations en s’amusant”. »
Parmi les éléments qui corroborent ce qui précède, citons l’explication de Sîbawayh et d’autres sommités de la grammaire : les Arabes, lorsqu’ils emploient le verbe « dire » (qawl), ne rapportent que ce qui constitue une parole complète ; ils ne l’emploient pas pour un simple mot. Autrement dit, al-qawl ne sert qu’à rapporter un énoncé achevé, qu’il s’agisse d’une phrase nominale ou verbale ; c’est pourquoi ils mettent la particule inna au « cas brisé » lorsqu’elle vient après le verbe « dire ». Or, une simple appellation n’est pas un énoncé, et jamais Allah, exalté soit-Il, n’a ordonné à qui que ce soit de ne prononcer qu’un nom isolé, pas plus qu’Il n’a prescrit cela aux musulmans.
Un nom nu, pris isolément, n’apporte rien à la foi – les musulmans en sont unanimement d’accord – et il n’est commandé dans aucun acte d’adoration ni dans aucune forme d’adresse.
Toujours à propos de ceux qui se contentent du nom isolé, on raconte qu’un bédouin passa près d’un muezzin qui proclamait : « J’atteste que Muhammad est l’Envoyé d’Allah », en mettant « Muhammad » à l’accusatif. Le bédouin demanda : « Qu’est-ce que cet homme est en train de dire ? Voilà le nom, mais où est l’attribut qui complète la phrase ? »
Quant aux versets coraniques tels que : « Et rappelle le Nom de ton Seigneur et consacre-toi totalement à Lui » (73 : 8), « Proclame la pureté du Nom de ton Seigneur, le Très-Haut » (87 : 1), « A réussi, certes, celui qui se purifie, se souvient du Nom de son Seigneur puis accomplit la prière » (87 : 14-15), « Glorifie donc le Nom de ton Seigneur, le Très-Grand » (56 : 74) et passages analogues, ils ne commandent nullement de prononcer le Nom à l’état isolé.