Hu », ou encore « Hu Hu » et autres formules du même genre, le pronom ne renvoie, en réalité, qu’à ce que son cœur se représente ; or le cœur, tantôt reçoit la guidée, tantôt il s’égare.
L’auteur des Fuṣûṣ a même composé un opuscule qu’il a intitulé Kitâb al-Huwâ (« Le livre du Hu »), et certains ont prétendu que la parole divine (3 : 7) : « Nul, hormis Allah, n’en connaît l’interprétation » signifierait : « Nul ne connaît l’interprétation de ce Nom, le hu ». Bien que les musulmans – et, au-delà, toute personne douée de raison – s’accordent à reconnaître là une absurdité flagrante, il se trouve malgré tout des gens pour y croire. J’ai même dit un jour à l’un de ceux qui tenaient de tels propos : « Si cela était vrai, l’āya aurait dû s’écrire ainsi : “Et nul ne connaît l’interprétation de hu” – avec hu placé isolément. »
De même, il arrive souvent que certains shaykhs citent, à l’appui de celui qui se contente de dire « Allah », la parole divine (6 : 91) : « Dis : “Allah.” Puis laisse-les… », s’imaginant qu’Allah a ordonné à Son Prophète de prononcer le Nom sous sa forme isolée. C’est là une méprise reconnue par l’ensemble des savants. En effet, l’expression : « Dis : “Allah” » signifie : « C’est Allah qui a fait descendre le Livre qu’apporta Moïse ». Elle répond à la question précédente : « Dis : “Qui a révélé le Livre qu’apporta Moïse, une lumière et une direction pour les gens, que vous avez transformé en feuillets, en montrant certains et en cachant beaucoup, et par lequel on vous a enseigné ce que ni vous ni vos pères ne saviez ?” Dis : “Allah.” » Autrement dit : c’est Allah qui a révélé le Livre qu’apporta Moïse, réfutation directe de l’affirmation de ceux qui disaient : « Allah n’a rien révélé à aucun être humain. » Ainsi s’entend la question : « Qui donc a révélé le Livre… »