Al-ʿUbūdiyyahIbn Taimiya

à ce qui se manifestait chez Moïse lorsqu’il était saisi d’un voile de stupeur – qu’Allah répande sur eux tous Sa prière et Sa paix.

Quant au troisième type de ce que l’on appelle parfois fanâʾ (anéantissement), il consiste pour l’homme à affirmer qu’il n’existe rien en dehors d’Allah, que l’existence du Créateur serait celle même de la créature, et qu’il n’y aurait donc plus de distinction entre le Seigneur et le serviteur. Tel est le « fanâʾ » des gens de l’égarement et de l’athéisme, ceux qui sont tombés dans la doctrine du ḥulûl (immanence) et de l’ittiḥâd (union). Les maîtres spirituels se déclarent entièrement innocents d’une telle conception.

Ainsi, lorsqu’on les entend dire : « Je ne vois rien d’autre qu’Allah » ou « Je ne regarde rien d’autre qu’Allah », ce qu’ils veulent signifier est : « Je ne reconnais d’autre Seigneur que Lui, d’autre Créateur, d’autre Disposant, ni d’autre divinité que Lui ; et je ne porte mon regard vers nul autre, ni par amour, ni par crainte, ni par espérance. » En effet, l’œil se tourne vers ce à quoi le cœur est attaché : quiconque aime, espère ou craint une chose se tourne vers elle ; mais si, dans le cœur, il n’y a ni amour, ni espérance, ni crainte, ni aversion, ni aucun autre attachement à son égard, le cœur ne cherche ni à se tourner vers elle, ni à la regarder, ni à la contempler. Et si, par hasard, il lui arrive de la voir d’un simple regard dépourvu d’intérêt, cela revient à apercevoir un mur ou une chose semblable pour laquelle le cœur n’éprouve aucun lien.

Les maîtres vertueux – qu’Allah leur fasse miséricorde – évoquent donc la mise à nu du tawḥîd (l’unicité) et la réalisation d’une sincérité totale dans l’observance de la religion, de sorte que le serviteur ne se détourne vers rien d’autre qu’Allah et ne considère rien en dehors de Lui, ni par amour, ni par crainte, ni par attente. Le cœur se retrouve alors vidé des créatures, entièrement dépouillé d’elles, et ne les regarde qu’à la lumière d’Allah : c’est donc par la vérité qu’il entend et par la vérité

مَا كَانَ يظْهر على مُوسَى من التغشي صلى الله عَلَيْهِم وَسلم أَجْمَعِينَ. وَأما النَّوْع الثَّالِث مِمَّا قد يُسمى فنَاء: فَهُوَ أَن يشْهد أَن لَا مَوْجُود إِلَّا الله وَأَن وجود الْخَالِق هُوَ وجود الْمَخْلُوق فَلَا فرق بَين الرب وَالْعَبْد فَهَذَا فنَاء أهل الضلال والإلحاد الواقعين فِي الْحُلُول والاتحاد وَهَذَا يبرأ مِنْهُ الْمَشَايِخ، إِذا قَالَ أحدهم: مَا أرى غير الله أَو لَا أنظر إِلَى غير الله وَنَحْو ذَلِك، فمرادهم بذلك مَا أرى رَبًّا غَيره وَلَا خَالِقًا وَلَا مُدبرا غَيره وَلَا إِلَهًا لي غَيره وَلَا أنظر إِلَى غَيره محبَّة لَهُ أَو خوفًا مِنْهُ أَو رَجَاء لَهُ؛ فَإِن الْعين تنظر إِلَى مَا يتَعَلَّق بِهِ الْقلب فَمن أحب شَيْئا أَو رجاه أَو خافه الْتفت إِلَيْهِ وَإِذا لم يكن فِي الْقلب محبَّة لَهُ وَلَا رَجَاء لَهُ وَلَا خوف مِنْهُ وَلَا بغض لَهُ وَلَا غير ذَلِك من تعلق الْقلب لَهُ لم يقْصد الْقلب أَن يلْتَفت إِلَيْهِ وَلَا أَن ينظر إِلَيْهِ وَلَا أَن يرَاهُ وَإِن رَآهُ اتِّفَاقًا رُؤْيَة مُجَرّدَة كَانَ كمن لَو رأى حَائِطا وَنَحْوه مِمَّا لَيْسَ فِي قلبه تعلق بِهِ. والمشايخ الصالحون ﵃ يذكرُونَ شَيْئا من تَجْرِيد التَّوْحِيد وَتَحْقِيق إخلاص الدَّين كُله بِحَيْثُ لَا يكون العَبْد ملتفتا إِلَى غير الله وَلَا نَاظرا إِلَى مَا سواهُ لَا حبا لَهُ وَلَا خوفًا مِنْهُ وَلَا رَجَاء لَهُ بل يكون الْقلب فَارغًا من الْمَخْلُوقَات خَالِيا مِنْهَا لَا ينظر إِلَيْهَا إِلَّا بِنور الله، فبالحق يسمع وبالحق

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