‘Iyâd, tandis qu’al-Junayd et ses semblables, dont la raison et le discernement demeuraient présents au cœur même de leurs états spirituels, ne tombaient pas dans ce genre d’anéantissement, d’ivresse mystique ou autres phénomènes analogues.
Au contraire, chez les maîtres parvenus à la perfection, les cœurs ne contiennent rien d’autre que l’amour d’Allah, la recherche de Sa satisfaction et Son adoration. Ils disposent d’une science ample et d’un discernement tel qu’ils perçoivent les choses exactement comme elles sont ; ils voient les créatures se maintenir par l’ordre d’Allah, gouvernées par Sa volonté, Lui obéissant et L’adorant avec humilité. Tout cela leur sert de clairvoyance et de rappel, et ce qu’ils contemplent vient renforcer et alimenter la sincérité de leur religion, la pureté de leur tawḥîd (l’unicité) et le culte qu’ils vouent à Lui seul, sans associé.
Voilà la réalité à laquelle le Coran appelle, que mettent en œuvre les véridiques de la foi et les parfaits parmi les connaisseurs d’Allah. Notre Prophète ﷺ est le guide de ceux-là et le plus accompli d’entre eux ; ainsi, lorsqu’il fut élevé aux cieux, qu’il contempla les signes qui s’y trouvent et qu’il reçut toutes sortes de confidences divines, il revint parmi les siens sans que son état eût changé ni que rien de semblable apparût sur lui, contrairement