n’aime qu’Allah, n’adore que Lui, ne place sa confiance qu’en Lui et ne sollicite rien d’aucun autre. Tel est le sens qu’il convient d’entendre dans la parole du shaykh Abû Yazîd : « Je veux ne rien vouloir sinon ce qu’Il veut », c’est-à-dire : la chose voulue, aimée et agréée – celle qui relève de la volonté religieuse. La perfection du serviteur consiste à ne vouloir, n’aimer et ne s’agréer que ce qu’Allah veut, agrée et aime, à savoir ce qu’Il a ordonné, qu’il s’agisse d’une obligation ou d’une recommandation ; il n’aime donc que ce qu’Allah aime, tels les anges, les prophètes et les vertueux. C’est là le sens qu’ils donnent à Sa parole [26-89 Les Poètes] : « sauf celui qui se présente à Allah avec un cœur sain. » Ils ont expliqué : il s’agit d’un cœur sain de tout autre qu’Allah, ou sain de tout ce qui n’est pas l’adoration d’Allah, ou sain de tout ce qui n’est pas la volonté d’Allah, ou sain de tout ce qui n’est pas l’amour d’Allah – le sens est unique. Que l’on appelle ou non ce sens fanâ’, il constitue le commencement et l’aboutissement de l’islam, l’intérieur et l’extérieur de la religion.
Quant au deuxième type, c’est le fanâ’ qui consiste à ne plus rien percevoir d’autre. Il touche nombre de cheminants : sous l’effet d’une puissante attraction de leurs cœurs vers le rappel d’Allah, Son adoration et Son amour, et parce que leurs cœurs sont incapables de témoigner d’autre chose que la Divinité qu’ils adorent ou de voir autre chose que le But qu’ils recherchent, il ne leur vient plus à l’esprit rien d’autre qu’Allah ; mieux encore, ils ne ressentent rien si ce n’est Lui, comme il a été dit à propos de Sa parole – le Très-Haut – [28-10 Le Récit] : « Le cœur de la mère de Moïse devint vide, si… »