Allah aime et agrée et ce qu’Il ne fait que décréter et prédestiner ; ils ne considèrent alors plus que la volonté absolue, universelle. Puis, à l’issue de ce cheminement, ils ne distinguent même plus entre le Créateur et la créature, allant jusqu’à identifier l’existence de l’un à celle de l’autre.
Parmi eux, certains « vérificateurs » affirment : « Dans la sharîʿa (la Loi révélée) il y a obéissance et désobéissance ; dans la ḥaqîqa (la réalité intérieure) il y a désobéissance sans obéissance ; quant au taḥqîq (la réalisation ultime), il n’y a ni obéissance ni désobéissance. » Voilà, au fond, la doctrine de Pharaon et de son peuple : ils ont nié le Créateur, refusé d’admettre qu’Il parlât à Son serviteur Moïse et qu’Il l’eût envoyé avec des commandements et des interdictions.
En revanche, Abraham et les siens — ces hanîfs parmi les prophètes et ceux qui ont cru en eux — savent qu’il est indispensable de distinguer le Créateur de la créature, l’obéissance de la désobéissance. Plus le serviteur approfondit cette distinction, plus grandissent son amour pour Allah, sa servitude à Son égard et son obéissance, et plus il se détourne de l’adoration, de l’amour et de l’obéissance dus à tout autre que Lui.
Quant à ces polythéistes égarés, ils mettent Allah et Sa création sur un pied d’égalité, tandis que l’ami intime (Abraham) déclare [26-75 à 77 Les Poètes] : « Voyez donc ce que vous adoriez, vous et vos ancêtres les plus anciens ; ils sont pour moi des ennemis, à l’exception du Seigneur des mondes. » Ils s’accrochent aux paroles équivoques des maîtres spirituels, à l’instar de ce qu’ont fait les chrétiens.
Ainsi, le terme fanâ’ (anéantissement spirituel) offre trois déclinaisons :
- un type réservé aux parfaits parmi les prophètes et les saints ;
- un type pour les aspirants parmi les saints et les vertueux ;
- un type pour les hypocrites athées et anthropomorphistes.
Quant au premier, il s’agit du fanâ’ qui consiste à anéantir toute volonté dirigée vers autre qu’Allah, de sorte que l’on ne