qu’il s’agisse d’obligations ou de pratiques surérogatoires, conformément au hadith authentique : « Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime ; et lorsque Je l’aime, Je deviens son ouïe par laquelle il entend, et sa vue par laquelle il voit… »
Or, nombre de personnes égarées – qui ont introduit des innovations dans l’ascèse et le culte – sont tombées dans certains des travers mêmes où les chrétiens ont sombré : ils revendiquent l’amour d’Allah tout en contrevenant à Sa loi, en délaissant la lutte dans Sa voie, et autres devoirs semblables. Pour la religion qu’ils prétendent pratiquer afin de se rapprocher d’Allah, ils s’appuient, à l’instar des chrétiens, sur des paroles équivoques et des récits dont on ignore la véracité ; et quand bien même ils seraient exacts, leurs auteurs ne sont nullement infaillibles. Ainsi érigent-ils leurs maîtres en législateurs d’une nouvelle religion, comme les chrétiens ont érigé leurs prêtres et leurs moines en législateurs.
De surcroît, ils rabaissent la servitude (ʿubûdiyya) et affirment que l’élite la dépasse, tout comme les chrétiens le prétendent au sujet du Messie, de leurs prêtres et de leurs moines. À leurs « élus », ils accordent une part dans la divinité analogue à celle que les chrétiens reconnaissent au Messie, à sa mère, à leurs prêtres et à leurs moines, sans parler d’autres excès qu’il serait trop long d’exposer ici.
La véritable religion consiste exclusivement à réaliser la servitude envers Allah sous toutes ses formes ; c’est la réalisation de l’amour d’Allah à tous les degrés. Et c’est dans la mesure où la servitude est parachevée que l’amour l’est également.