il en serait comme s’il disait : « Elle brûle dans le cœur tout ce qui n’est pas aimé d’Allah. » Tel est un sens juste, car la perfection de l’amour pour Allah consiste à ne chérir que ce qu’Il chérit. Si donc tu aimes ce qu’Il n’aime pas, ton amour demeure imparfait. Quant à ce qu’Il décrète et prédestine [par Sa volonté universelle], Il le déteste, l’exècre, en est courroucé et le proscrit ; si je ne m’accorde pas avec Lui dans Son aversion, Sa répulsion et Sa colère, je ne L’aimerai pas vraiment : j’aimerai plutôt ce qu’Il déteste.
De là, le fait de se conformer à cette sharîʿa et de mener le jihâd selon elle constitue l’une des plus grandes démarcations entre les gens de l’amour véritable d’Allah – Ses alliés qu’Il aime et qui L’aiment – et ceux qui se contentent de prétendre aimer Allah en se référant seulement à la rubûbiyya (seigneurie générale) ou en suivant certaines innovations contraires à Sa législation. Une telle revendication d’amour pour Allah est du même ordre que la prétention des juifs et des chrétiens à aimer Dieu ; elle peut même être plus funeste, car ces gens-là portent en eux l’hypocrisie, laquelle les mènera au plus bas degré du Feu, tandis que l’affirmation des juifs et des chrétiens peut à son tour être plus grave que la leur lorsqu’ils n’égalisent pas leur impiété.
La Torah comme l’Évangile abondent cependant en exhortations à aimer Allah, exhortations sur lesquelles ils s’accordent, si bien que cet amour constitue chez eux le commandement suprême de la Loi.