« Humbles envers les croyants, puissants vis-à-vis des mécréants ; ils combattent dans le sentier d’Allah et ne craignent le blâme d’aucun censeur. »
C’est donc que l’amour de cette communauté pour Allah est plus accompli que l’amour des communautés qui l’ont précédée, et que sa ʿubûdiyya (servitude) envers Lui est plus parfaite que la leur. Les plus accomplis de cette communauté à cet égard sont les Compagnons de Muhammad ﷺ ; plus un homme leur ressemble, plus son état est parfait. Que dire, alors, de certains qui se réclament de l’amour ?
On lit chez quelques cheikhs cette parole : « L’amour est un feu qui consume dans le cœur tout ce qui n’est pas la volonté du Bien-Aimé. » Ils ont voulu signifier par là que l’univers tout entier existe parce qu’Allah l’a voulu ; ils en ont conclu que la perfection de l’amour impose au serviteur d’aimer absolument toute chose, y compris la mécréance, la perversité et la désobéissance. Or nul ne peut aimer tout ce qui existe : il n’aime que ce qui lui convient et lui profite, et il déteste ce qui lui est contraire et lui nuit. Grâce à cette erreur, ils se sont livrés à leurs passions, puis s’y sont enfoncés davantage ; ils aiment ce qu’ils désirent : les images, la domination, les surplus de richesses, les innovations égarantes, prétendant que tout cela relève de l’amour d’Allah. Pourtant, aimer pour Allah implique aussi de haïr ce qu’Allah et Son Messager détestent et de combattre ceux qui s’y adonnent, de sa personne et de ses biens.
La racine de leur égarement est la suivante : celui qui a déclaré : « L’amour est un feu qui consume tout ce qui n’est pas la volonté du Bien-Aimé » entendait par « volonté d’Allah » l’irâda kawnîya (volonté universelle) qui concerne tous les êtres.
Si, en revanche, un croyant en Allah, en Ses Livres et en Ses Messagers prononçait cette même parole, il viserait l’irâda dîniyya sharʿiyya (volonté religieuse et législative), c’est-à-dire Son amour et Son agrément ; il en serait comme si