Et quiconque commet des péchés majeurs, s’y obstine et ne s’en repent pas, Allah déteste en lui ces actes tout comme Il aime ce qu’il accomplit de bien, car l’amour qu’Allah porte à Son serviteur est proportionnel à sa foi et à sa piété.
Quant à celui qui s’imagine que les péchés ne lui nuisent pas sous prétexte qu’Allah l’aime, alors même qu’il persévère à les commettre, il est semblable à celui qui prétend que l’ingestion de poison ne le touchera pas : il continue pourtant d’en avaler, sans chercher de remède, au motif que sa constitution serait saine. Si cet insensé méditait ce qu’Allah a relaté dans Son Livre des récits de Ses prophètes : leur repentir, leur imploration du pardon, les diverses épreuves qui les ont frappés en guise d’épreuve et de purification, chacune selon leur état, il saisirait ne serait-ce qu’un peu du tort que les péchés infligent à ceux qui les commettent, même s’il s’agissait de la plus haute des créatures. En vérité, lorsqu’un homme aime une créature sans connaître ce qu’elle apprécie ni le rechercher, mais agit seulement sous l’impulsion d’un amour entaché d’ignorance et d’injustice, cette attitude devient une cause pour que l’aimé le prenne en aversion, se détourne de lui, voire le châtie.
Beaucoup de cheminants, sous couvert de revendiquer l’amour d’Allah, ont emprunté des voies marquées par diverses formes d’ignorance religieuse : tantôt en transgressant les limites fixées par Allah, tantôt en négligeant Ses droits, tantôt en se prévalant de prétentions mensongères dénuées de toute réalité. Ainsi entend-on l’un d’eux déclarer : « Si l’un de mes disciples laisse quelqu’un dans le Feu, je me désolidarise de lui. » Un autre dit : « Si l’un de mes disciples laisse entrer ne fût-ce qu’un seul croyant en Enfer, je me désavoue de lui. »
Le premier fait donc de son disciple l’auteur de la sortie de tous ceux qui seraient dans le Feu.
Le second assigne à son disciple la tâche d’empêcher les gens coupables de péchés majeurs d’entrer en Enfer.