de joie ou de tristesse, et d’autres états comparables, proviennent du ressenti de l’objet aimé ou du ressenti de l’objet détesté ; or ce simple ressenti n’est pas en soi la joie ni la peine.
Ainsi, la douceur de la foi – qui réunit la délectation qu’elle procure et la joie qu’elle suscite, délectation que goûte le croyant lorsqu’il éprouve cette douceur – dépend de la plénitude de l’amour que le serviteur voue à Allah. Or cet amour s’accomplit par trois éléments : le porter à la perfection, le diriger correctement et repousser son contraire.
• Le porter à la perfection consiste à ce qu’Allah et Son Messager soient plus chers à son cœur que toute autre chose, car pour aimer Allah et Son Messager il ne suffit pas d’un simple attachement ; il faut qu’Allah et Son Messager soient plus aimés que tout le reste, comme il a été exposé.
• Le diriger correctement veut dire que l’on n’aime autrui que pour Allah.
• Repousser son contraire, c’est détester ce qui s’oppose à la foi plus encore que l’on ne répugnerait à être précipité dans le Feu.
Or l’amour du Messager et des croyants relève de l’amour même d’Allah, et le Messager d’Allah ﷺ aimait les croyants qu’Allah aime, car il est l’être dont l’amour pour Allah est le plus accompli et celui qui mérite le plus d’aimer ce qu’Allah aime et de détester ce qu’Il déteste. Quant à la khulla (l’amitié exclusive), elle ne laisse aucune part à qui que ce soit en dehors d’Allah ; c’est pourquoi il a dit : « Si j’avais dû prendre parmi les gens de la terre un khalîl, j’aurais pris Abû Bakr pour khalîl. » On voit ainsi que la khulla occupe un rang supérieur à l’amour au sens large.
Le propos est donc que la khulla et l’amour pour Allah réalisent pleinement la servitude envers Lui. Se trompent ceux qui s’imaginent que la servitude n’est qu’humiliation et soumission, sans amour aucun, et que l’amour, en cela