Nous avons déjà exposé que l’amour d’Allah – exalté soit-Il – consiste à L’aimer, Lui, ainsi qu’à aimer ce qu’Il aime. De même, il est rapporté dans les Deux Ṣaḥîḥs (al-Bukhârî et Muslim) que le Prophète ﷺ a dit : « Trois traits, quiconque les possède goûtera à la douceur de la foi : que Dieu et Son Messager soient plus chers à ses yeux que toute autre chose ; qu’il n’aime autrui que pour Allah ; et qu’il répugne à retomber dans la mécréance après qu’Allah l’en a délivré, tout comme il détesterait être précipité dans le Feu. »
Le Prophète ﷺ nous informe ainsi que celui qui réunit ces trois caractéristiques découvre la douceur de la foi, car la sensation de douceur découle de l’amour porté à la chose. En effet, lorsque quelqu’un aime ou convoite quelque chose et qu’il obtient l’objet de son désir, il en ressent douceur, plaisir et joie. Le plaisir est donc un état qui se manifeste après la perception de ce qui convient, c’est-à-dire de ce qui est aimé ou recherché.
Ainsi, affirmer – comme le font certains philosophes et médecins – que le plaisir n’est rien d’autre que la simple perception de ce qui convient est une erreur manifeste : la perception s’intercale entre l’amour et le plaisir. L’être humain, par exemple, désire un aliment ; lorsqu’il le mange, le plaisir survient aussitôt après. De même, le plaisir suit le regard porté sur l’objet : quand il le contemple, il en tire délectation. Or, ce plaisir consécutif au regard n’est ni le regard lui-même ni la seule vision de la chose ; il se produit après celle-ci.
Allah – exalté soit-Il – dit encore [71 az-Zukhruf] : « On y trouvera tout ce que souhaitent les âmes et ce qui délecte les yeux. »
Il en va de même pour toutes les jouissances et toutes les douleurs que l’âme peut éprouver.