Il a encore dit : « Si j’avais dû choisir, parmi les habitants de la terre, un Ami intime, j’aurais choisi Abû Bakr comme Ami intime ; mais votre compagnon est l’Ami intime d’Allah », c’est-à-dire lui-même.
Il déclara également : « Qu’il ne reste dans la mosquée aucune khawkha (petite porte latérale) sans qu’elle soit murée, à l’exception de la khawkha d’Abû Bakr. » Et il dit : « Certes, ceux qui vous ont précédés prenaient les tombes pour oratoires ; prenez garde, ne faites pas des tombes des lieux de prière ; je vous l’interdis formellement. »
Tout cela figure dans le Ṣaḥîḥ, où l’on rapporte qu’il prononça ces paroles quelques jours avant sa mort ; c’était l’achèvement même de sa mission, car elles parachèvent la réalisation de sa khulla (amitié intime) envers Allah, dont le fondement est l’amour qu’Allah, exalté soit-Il, porte à Son serviteur et l’amour que le serviteur porte à Allah, à l’encontre de la doctrine des jahmites.
Ces paroles affirment aussi le tawḥîd (l’unicité) d’Allah et le fait que nul ne doit être adoré en dehors de Lui, réfutant ainsi ceux qui ressemblent aux polythéistes. Elles réfutent en outre les râfidites, qui dénigrent le droit du Véridique, Abû Bakr (qu’Allah l’agrée), alors qu’ils sont, parmi ceux qui se réclament de la qibla, les plus enclins à l’associationnisme en vouant un culte à ‘Alî et à d’autres êtres humains.
La khulla représente la perfection de l’amour : du côté du serviteur, elle implique la perfection de l’‘ubûdiyya (la servitude) envers Allah ; du côté du Seigneur – exalté soit-Il –, elle implique la perfection de Sa seigneurie à l’égard de Ses serviteurs qu’Il aime et qui L’aiment.
Le terme ‘ubûdiyya renferme à la fois la perfection de l’humilité et celle de l’affection, car ils