et l’interrogea au sujet de l’islâm. Le Prophète répondit : « L’islâm consiste à attester qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah, à accomplir la prière, à acquitter la zakât, à jeûner le mois de Ramaḍân et à effectuer le pèlerinage à la Maison si tu en as la capacité. »
Il demanda alors : « Qu’est-ce que l’īmân ? »
Le Prophète répondit : « C’est de croire en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers, en la résurrection après la mort, et de croire au destin, qu’il soit favorable ou défavorable. »
L’homme poursuivit : « Qu’est-ce que l’iḥsân ? »
Le Prophète répondit : « C’est d’adorer Allah comme si tu Le voyais ; car si toi tu ne Le vois pas, certes Lui te voit. »
Puis, à la fin du hadith, il déclara : « Cet homme, c’était Jibrîl ; il est venu vous enseigner votre religion. » Il a ainsi englobé tout cela dans la notion même de religion.
Le dîn renferme l’idée de soumission et d’humilité. On dit : « dantuhu fa-dâna » – « je l’ai rabaissé, alors il s’est rabaissé » ; et l’on dit : « yadînu Allâha » ou « yadînu lillâh » : « il adore Allah, Lui obéit et se soumet à Lui ». Le dîn d’Allah est donc Son adoration, Son obéissance et l’humilité devant Lui.
Quant à l’ʿibâda (adoration), son sens premier est également l’humilité ; on parle d’un « ṭarîq muʿabbad » pour désigner un chemin aplani, foulé par les pas.
Cependant, l’ʿibâda prescrite réunit à la fois l’humilité et l’amour : elle implique l’extrême humilité envers Allah alliée à l’extrême amour pour Lui.
En effet, le dernier degré de l’amour est le tatayyum, et le premier est lʿalâqa – l’attachement du cœur à l’aimé –, puis vient aṣ-ṣabâba, lorsque le cœur « s’écoule » vers lui ; ensuite al-gharâm, l’amour qui demeure fixé dans le cœur ; puis al-ʿishq, et le stade final est le tatayyum. On dit : « tayyama-llâh » – « il est devenu l’esclave d’Allah » ; et al-mutayyam désigne celui qui est asservi à son bien-aimé.
Ainsi, quiconque se soumet à un être humain tout en le détestant n’est pas pour autant son adorateur ; de même, celui qui aime une chose sans se soumettre à elle n’est pas son adorateur, tout comme un homme peut aimer son propre enfant