ou encore ce qu’il érige en divinité hors d’Allah – le soleil, la lune, les astres ou les idoles, ainsi que les tombeaux des prophètes et des vertueux, ou tel ange ou prophète qu’ils élèvent au rang de seigneurs, bref toute chose à laquelle on rend un culte en dehors d’Allah.
Lorsqu’un homme se voue ainsi à autre qu’Allah, il devient polythéiste, et tout orgueilleux est donc polythéiste. C’est pourquoi Pharaon – l’une des créatures les plus arrogantes à s’être détournées de l’adoration d’Allah – était bel et bien polythéiste. Le Très-Haut a dit [23-35 Ghâfir] : « Nous avons certes envoyé Moïse avec Nos signes et une autorité manifeste vers Pharaon, Hâmân et Qârûn ; ils dirent : “Magicien ! Grand menteur !” », puis : « Moïse dit : “Je cherche refuge auprès de mon Seigneur et le vôtre contre tout orgueilleux qui ne croit pas au Jour du compte.” », et encore : « Ainsi Allah scelle le cœur de tout orgueilleux, tyran. »
Il a également dit [39 al-‘Ankabût] : « Qârûn, Pharaon et Hâmân ; pourtant Moïse leur était venu avec des preuves évidentes, mais ils s’enflèrent d’orgueil sur terre et ils ne pouvaient Nous échapper. »
Et Il a dit [4 al-Qaṣaṣ] : « Pharaon s’éleva en despote sur la terre ; il divisa ses habitants en factions, opprimant l’une d’elles, égorgeait leurs fils et laissait vivantes leurs femmes. »
Et encore [14 an-Naml] : « Ils les nièrent injustement et par arrogance, alors qu’au fond d’eux-mêmes ils en étaient convaincus ; regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs. » Des passages de ce genre abondent dans le Coran.
Pharaon est d’ailleurs explicitement qualifié de polythéiste dans ce verset [127 al-A‘râf] : « Les notables du peuple de Pharaon dirent : “Laisseras-tu Moïse et son peuple semer la corruption sur terre et t’abandonner, toi et tes divinités ?” »
En vérité, l’examen attentif des textes montre que plus un homme s’enorgueillit et se détourne de l’adoration d’Allah, plus son associationnisme s’aggrave ; car, à mesure qu’il rejette le culte qu’il doit à Allah, il s’enfonce dans la pauvreté intérieure et le besoin envers l’objet désiré et aimé.