De même, lorsqu’un homme prend de la hauteur – qu’il se hisse sur un promontoire, qu’il monte une monture ou toute situation analogue – il lui est recommandé de proclamer le takbîr ; c’est aussi par cette formule que l’on éteint un incendie, fût-il considérable, et, lors de l’adhân, c’est elle qui fait fuir Satan. Le Très-Haut a dit [60 Ghâfir] : « Et votre Seigneur a dit : “Invoquez-Moi, Je vous exaucerai. Ceux qui, par orgueil, se détournent de Mon adoration entreront bientôt dans la Géhenne, humiliés.” »
Quiconque, par superbe, refuse d’adorer Allah finira nécessairement par adorer autre que Lui, car l’être humain est un être sensible mû par la volonté. Il est rapporté authentiquement, dans le Sahîh, que le Prophète ﷺ a dit : « Les noms les plus véridiques sont Ḥârith et Hammâm. » Ḥârith désigne celui qui acquiert et agit, tandis que Hammâm est la forme intensive de ham (l’élan intérieur), et le ham constitue le premier degré de la volonté.
Or l’homme possède en permanence une volonté, et toute volonté requiert un objet voulu vers lequel elle tend ; il faut donc à chaque serviteur un objet aimé qui devienne l’ultime terme de son amour et de sa volonté. Si Allah n’est pas cette divinité adorée, ce but suprême de l’amour et de la volonté, et que l’homme, par orgueil, s’en détourne, il se trouvera immanquablement asservi à un autre objet désiré et aimé : l’argent, la renommée, les images séduisantes, ou encore ce qu’il érige en divinité hors d’Allah – le soleil, la lune, les astres ou les idoles.