ne leur procurent pas l’objet recherché. Ce qui importe, en réalité, ce sont les voies qu’emprunte une raison saine pour atteindre le but qu’elle s’est fixé.
Une fois cela établi, plus le cœur aime Allah, plus il se voue à Sa servitude ; et plus il se voue à Sa servitude, plus grandit son amour pour Lui et sa préférence pour Lui au-dessus de tout autre.
Le cœur est, par essence, indigent envers Allah sous deux rapports : du côté de l’adoration – qui est la cause finale –, et du côté de la recherche du secours et de la confiance en Lui – qui est la cause efficiente. Aussi le cœur n’est-il sain, heureux, comblé, joyeux, ne goûte-t-il la douceur, la bonté, le repos ni la quiétude qu’en adorant son Seigneur, en L’aimant et en revenant à Lui. Quand bien même il obtiendrait toutes les jouissances que peuvent offrir les créatures, il ne connaîtrait ni paix ni repos, car il porte en lui une indigence ontologique envers son Seigneur en tant qu’Il est l’Objet de son adoration, de son amour et de sa quête. C’est ainsi seulement qu’il accède à la joie, à l’allégresse, au plaisir, à la grâce, au calme et à la sérénité.
Or cela ne lui est accordé qu’avec l’assistance d’Allah, car nul autre qu’Allah n’est capable de le lui procurer. Le cœur demeure donc sans cesse tributaire de la réalité de cette parole : « C’est Toi seul que nous adorons et c’est Toi seul dont nous implorons l’aide. »
En effet, quand bien même il serait aidé à réunir tout ce qu’il aime, recherche, convoite et désire, sans pour autant parvenir à adorer Allah, il n’en retirerait que douleur, regret et tourment. Il ne sera délivré des peines de ce monde et de l’amertume de son existence qu’en vouant un amour exclusif à Allah, de telle sorte qu’Allah soit l’ultime objet de son désir, la finalité de sa quête, l’Aimé recherché en premier lieu, et que tout ce qui n’est pas Lui