Le jihâd consiste à mobiliser toute son énergie – c’est-à-dire tout le pouvoir dont on dispose – afin de faire advenir ce qu’Allah aime et de repousser ce qu’Il déteste. Si donc le serviteur délaisse le jihâd alors qu’il en a la capacité, cela révèle la faiblesse de l’amour d’Allah et de Son Messager dans son cœur.
Il est manifeste que l’on n’atteint généralement l’objet de son amour qu’en supportant ce qui est pénible, que cet amour soit légitime ou corrompu. Ainsi, ceux qui convoitent la richesse, le pouvoir ou la beauté ne parviennent à leurs fins qu’au prix de dommages qu’ils subissent dans ce monde, auxquels s’ajoutent d’autres préjudices ici-bas et dans l’au-delà. Quant à celui qui aime Allah et Son Messager, s’il ne supporte pas, pour atteindre l’objet de son amour, ce que l’on voit des gens sensés endurer pour d’autres amours que Dieu, cela témoigne d’une faiblesse de son amour pour Allah, puisque la voie qu’empruntent ces derniers leur paraît être celle que la raison dicte.
Il est pourtant notoire que le croyant nourrit un amour plus ardent pour Allah. Allah – exalté soit-Il – dit [165 al-Baqara] : « Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux qu’ils aiment comme on aime Allah ; mais ceux qui ont cru aiment Allah d’un amour plus intense encore. »
Certes, il arrive qu’un amoureux, par faiblesse d’esprit ou par imaginaire dévoyé, suive une voie qui ne conduit pas au but recherché ; une telle voie ne saurait être louée même si l’amour est sain et méritoire. Que dire alors lorsque l’amour est perverti et que, de surcroît, la voie n’aboutit nulle part ! C’est précisément ce que font les téméraires en quête de richesse, de prestige ou de beauté, poussés par un attachement à des choses qui leur causent du tort et ne