Parmi les causes les plus déterminantes de ce fléau figure l’éloignement du cœur vis-à-vis d’Allah ; car, lorsque le cœur goûte à la saveur de l’adoration d’Allah et de la sincérité exclusive (ikhlâṣ) envers Lui, rien ne lui paraît plus doux, plus délicieux, plus agréable ni plus pur que cela. Or l’être humain ne délaisse jamais un bien-aimé si ce n’est pour un autre bien-aimé qu’il chérit davantage, ou par crainte d’un mal redouté ; ainsi, un amour corrompu ne s’éteint dans le cœur que par un amour vertueux ou par la peur du préjudice.
À propos de Joseph, le Très-Haut dit ⦗24 Yûsuf⦘ : « Ainsi fûmes-Nous pour écarter de lui le mal et la turpitude ; il était, certes, l’un de Nos serviteurs sincères. » De même, Allah détourne de Son serviteur ce qui le lèse — l’inclination vers les images et l’attachement qu’elles suscitent — et Il l’éloigne de la turpitude grâce à la sincérité qu’il manifeste envers Lui. Avant d’avoir goûté à la douceur de la ‘ubûdiyya (servitude) pour Allah et à l’ikhlâṣ, l’âme charnelle l’emporte encore et le pousse à suivre ses passions ; mais, dès qu’il savoure la sincérité et qu’elle s’affermit dans son cœur, sa passion se trouve domptée sans qu’aucun autre traitement soit nécessaire.
Le Très-Haut dit encore ⦗45 al-‘Ankabût⦘ : « La prière préserve certes de la turpitude et du blâmable, et le rappel d’Allah est plus grand encore. » La prière comporte donc le rejet de ce qui est détestable — la turpitude et le blâmable — et l’obtention de ce qui est aimé : le rappel d’Allah. Or l’obtention de ce bien-aimé est plus importante que la seule élimination de ce qui déplaît, car le rappel d’Allah constitue une adoration en soi ; l’adoration du cœur pour Allah est recherchée pour elle-même, tandis que l’éloignement du mal n’est voulu qu’à titre accessoire.
Le cœur, pour sa part, a été créé pour aimer la vérité, la désirer et la rechercher ; aussi, lorsqu’il se voit proposer