demeure paisible et rassuré ; il peut même user de stratagèmes pour recouvrer sa liberté.
En revanche, lorsque le cœur – souverain du corps – se trouve réduit en esclavage, subjugué, passionnément attaché à autre qu’Allah, c’est là l’humiliation absolue, la captivité à l’état pur, une servitude avilissante envers ce qui tient le cœur enchaîné.
C’est la servitude et la captivité du cœur qui conditionnent, en vérité, la récompense et la sanction. Si un musulman est fait prisonnier par un mécréant ou qu’un pervers l’asservit illégitimement, cela ne lui cause aucun tort, pourvu qu’il s’acquitte, dans la mesure de ses moyens, des obligations qui lui incombent. Celui qui est légitimement asservi et « s’acquitte du droit d’Allah et du droit de ses maîtres obtient une double récompense ». Quand bien même il serait contraint de proférer une parole de mécréance, si son cœur demeure calme dans la foi, cela ne lui nuira point. Mais celui dont le cœur est asservi, de sorte qu’il devient l’esclave d’autre qu’Allah, celui-là en subira le préjudice, même s’il apparaît extérieurement comme le maître des hommes.
La vraie liberté est la liberté du cœur, et la véritable servitude est celle du cœur ; de même que la richesse est la richesse de l’âme. Le Prophète ﷺ a dit : « La richesse ne se définit pas par l’abondance des biens ; la richesse authentique est la richesse de l’âme. »
Par Allah, tout cela est déjà vrai lorsqu’un cœur se laisse dominer par une image pourtant licite. Quant à celui dont le cœur est asservi par une image interdite, qu’il s’agisse d’une femme ou d’un jeune garçon, alors c’est un tourment qu’aucun autre tourment ne saurait égaler.