parce qu’il trébuche et se renverse : il n’atteint pas le but recherché et ne se délivre pas de ce qu’il déteste. Tel est l’état de l’esclave de l’argent. Le Prophète ﷺ a décrit ce genre d’homme ainsi : s’il reçoit, il se montre satisfait ; s’il se voit privé, il se met en colère, comme Allah — Exalté soit-Il — l’a dit [58 At-Tawbah] : « Parmi eux, il en est qui te critiquent au sujet des aumônes ; s’ils en reçoivent, ils sont satisfaits, mais s’ils n’en reçoivent pas, les voilà qui se fâchent. » Leur agrément n’est donc pas pour Allah, ni leur colère pour Allah.
Il en va de même pour celui qui s’attache à la direction, à l’apparence ou à toute autre passion de son âme : s’il obtient ce qu’il veut, il est content ; s’il ne l’obtient pas, il se courrouce. Cet homme est l’esclave de ce qu’il convoite, le captif de son désir, car la véritable servitude réside dans l’asservissement du cœur ; tout ce qui enchaîne le cœur et le soumet fait de l’homme son serviteur.
C’est pourquoi l’on dit :
« L’esclave est libre tant qu’il se contente,
Et l’homme libre devient esclave dès qu’il convoite. »
Le poète a dit :
« J’ai obéi à mes convoitises, elles m’ont asservi ;
Si je m’étais contenté, j’aurais été libre. »
On dit encore : « La convoitise est un carcan au cou et une entrave au pied ; lorsque le carcan se détache du cou, l’entrave se détache du pied. »