au Livre et accomplissent la prière. »
La récitation du Livre consiste, en réalité, à le suivre et à mettre son enseignement en pratique, comme l’a déclaré Ibn Masʿûd au sujet de la parole du Très-Haut [2 : 121] : « Ceux à qui Nous avons donné le Livre et qui le récitent comme il se doit de le réciter. » Il expliqua : « Ils déclarent licite ce qu’il rend licite, déclarent illicite ce qu’il rend illicite, croient en ce qui en est ambigu et appliquent ce qui en est explicite. » Suivre le Livre englobe donc la prière et tout autre acte, mais celle-ci a été mentionnée à part en raison de sa prééminence.
Il en va de même de Sa parole adressée à Moïse [20 : 14] : « C’est Moi, en vérité, Allah ; il n’y a de divinité que Moi. Adore-Moi donc, et accomplis la prière pour te souvenir de Moi. » Accomplir la prière en vue de Son rappel figure en effet parmi les formes d’adoration les plus éminentes.
Ainsi encore, le Très-Haut dit [33 : 70] : « Craignez Allah et tenez des propos droits » ; [5 : 35] : « Craignez Allah et cherchez auprès de Lui le moyen d’accès » ; et [9 : 119] : « Craignez Allah et soyez avec les véridiques. » Toutes ces prescriptions relèvent également de la plénitude de la taqwâ (la crainte révérencielle) d’Allah.
De même, Sa parole [11 : 123] : « Adore-Le et place ta confiance en Lui. » En effet, le tawakkul (l’abandon confiant) n’est autre que la demande d’assistance, laquelle constitue un aspect de l’adoration d’Allah. Il est toutefois cité isolément afin que le serviteur le vise expressément, car il représente le soutien même de tous les autres types d’adoration ; exalté soit-Il, nul ne L’adore qu’à l’aide de Son secours.
Cela établi, la perfection de la créature réside dans la réalisation de sa servitude envers Allah ; plus le serviteur accomplit cette servitude, plus il atteint la perfection et plus son rang s’élève. Quiconque s’imagine qu’une créature pourrait, d’une manière ou d’une autre, sortir de la condition d’esclave, ou que s’en affranchir constituerait une perfection supérieure, appartient aux plus ignorants des hommes, voire aux plus égarés. Le Très-Haut a dit [21 : 26-28] :