ou l’invocation, et tout ce qui s’y rattache, qu’ils considèrent comme des paliers réservés au commun des croyants, non à l’élite. Ils prétendent en effet que celui qui « contemple le Décret » sait que ce qu’Allah a arrêté se réalisera inévitablement ; prier ne servirait donc à rien. Voilà un égarement manifeste.
Car Allah a décrété chaque chose conjointement avec les causes qui y mènent ; Il a de même prédestiné le bonheur comme le malheur avec leurs causes respectives. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah a créé des gens pour le Paradis : Il l’a créé pour eux alors qu’ils étaient encore dans les reins de leurs pères, et ils accompliront les œuvres des gens du Paradis. Et Il a créé des gens pour le Feu : Il l’a créé pour eux alors qu’ils étaient encore dans les reins de leurs pères, et ils accompliront les œuvres des gens du Feu. »
De même, lorsque le Prophète ﷺ leur annonça qu’Allah avait déjà inscrit les destinées, ils dirent : « Ô Messager d’Allah, devons-nous cesser d’agir et nous en remettre seulement à ce qui est écrit ? » Il répondit : « Non. Œuvrez, car chacun sera facilité vers ce pour quoi il a été créé : celui qui fait partie des gens de la félicité sera facilité vers les œuvres des gens de la félicité ; celui qui fait partie des gens de la perdition sera facilité vers les œuvres des gens de la perdition. »
Ainsi, toute cause qu’Allah ordonne à Ses serviteurs d’adopter est en soi un acte d’adoration. La confiance exclusive en Allah (tawakkul) est d’ailleurs constamment associée à l’adoration, comme dans cette parole du Très-Haut [11:123] : « Adore-Le donc et place ta confiance en Lui », dans [13:30] : « Dis : “Il est mon Seigneur ; point de divinité si ce n’est Lui ; en Lui je place ma confiance et vers Lui je me repens.” », et dans la déclaration de Chuʿayb, عليه السلام, [11:88] : « En Lui je place ma confiance et vers Lui je me tourne repentant. »