poussent pas leur propre raisonnement jusqu’au bout et ne s’y tiennent pas ; ils se contentent de suivre leurs opinions et leurs passions, ainsi que l’a relevé l’un des savants : « Toi, dans l’obéissance, tu es qadarî (partisan du libre arbitre), et dans la désobéissance, tu es jabrî (fataliste) ; quelle que soit la doctrine qui flatte ton désir, tu t’en fais l’adepte. »
Parmi eux, un groupe se réclame de la taḥqîq (réalisation spirituelle) et de la connaissance, et affirme que le commandement et l’interdiction ne concernent que celui qui s’attribue des actes et se reconnaît des qualités ; mais que celui qui considère ses actes comme créés, se juge contraint, tient qu’Allah est le seul Disposant en lui – comme Il met en mouvement toutes les créatures – est soustrait aux ordres, aux interdictions, aux promesses et aux menaces.
Ils déclarent encore : « Quiconque contemple la Volonté (al-irâda) est déchargé de toute obligation (taklîf) », et prétendent que al-Khidr fut exempté du taklîf parce qu’il contemplait la Volonté divine.
Ainsi, ils établissent une distinction entre la masse et l’élite : ces dernières, disent-ils, ayant contemplé la réalité cosmique, ont attesté qu’Allah est Créateur des actions des serviteurs, qu’Il veut et gouverne l’ensemble des existants.
Ils distinguent aussi celui qui le sait de manière théorique de celui qui le voit par expérience directe ; ils ne lèvent donc pas l’obligation religieuse pour celui qui se contente d’y croire et de le savoir, mais l’abolissent pour celui qui en a la vision immédiate, au point de ne plus se reconnaître la moindre action personnelle, et ceux-là