Tel est donc l’état des croyants en Allah et en Son Messager, ceux qui adorent Allah ; tout cela relève de l’adoration.
Quant à ceux qui se bornent à constater la « réalité cosmique » – c’est-à-dire la seigneurie du Très-Haut sur toute chose – et qui prennent cette réalité pour prétexte afin de se soustraire à Son ordre religieux et légal, ils se rangent en plusieurs degrés d’égarement :
– Les plus extrémistes d’entre eux en font un principe absolu et général ; ils se retranchent derrière la prédestination chaque fois qu’ils contreviennent à la Loi.
– Leur propos est plus funeste encore que celui des Juifs et des Chrétiens ; il s’apparente à la parole des polythéistes qui dirent [148, Al-Anʿâm] : « Si Allah avait voulu, ni nous ni nos pères n’aurions associé quoi que ce soit, ni interdit rien », et qui dirent [20, Az-Zukhruf] : « Si le Tout-Miséricordieux avait voulu, nous ne les aurions pas adorés. »
Ces gens comptent parmi les plus incohérents de la terre ; en vérité, quiconque se prévaut de la prédestination se contredit lui-même, car il lui est impossible d’approuver tout être humain dans tout ce qu’il fait. Si un injuste le lèse, ou lèse les autres, sème la corruption sur terre, verse le sang, viole les femmes, détruit cultures et progénitures, et commet d’autres méfaits qui sapent la vie des gens, il devra bien repousser ce décret, punir l’oppresseur et mettre fin à son agression ainsi qu’à celle de ses semblables. On lui dira alors : si le décret est vraiment une preuve, laisse donc chacun faire de toi et des autres ce qu’il veut ; s’il ne l’est pas, le principe même de ta parole — que la prédestination constitue une preuve — s’effondre.
Et les tenants de cette doctrine, qui s’abritent derrière la « réalité cosmique », ne